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Haïti – Sport et Gouvernance : le Cabinet de la Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique conteste le rapport de l’ULCC

Port-au-Prince, 5 octobre 2025 —
Le Cabinet de la Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) sort de son silence pour dénoncer un rapport de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) qu’il juge « injuste, politisé et contraire à la loi ».
Selon le contre rapport produit par le Cabinet de la Ministre Niola Lynn Sarah Devalis Octavius , l’institution dirigée par Me Hans Joseph aurait « franchi les limites de son mandat » en transformant une procédure administrative ordinaire en accusation publique.

Un rapport qui soulève plus de questions que de preuves

Le 26 septembre dernier, Me Hans Joseph présentait devant la presse sept rapports d’enquête, dont un visant directement le MJSAC.
Mais pour le Cabinet ministériel, cette présentation relevait davantage « du spectacle que du droit ».
Le document mentionne notamment un chèque de dix millions de gourdes émis par le Ministère de l’Économie et des Finances à des fins administratives.
Le MJSAC précise qu’il s’agissait d’une dépense régulière, conforme à la procédure, sans trace d’enrichissement personnel.

« Aucun élément matériel ne démontre une quelconque infraction », indique le communiqué.
« Transformer une opération comptable en scandale politique, c’est méconnaître les règles de la gestion publique. »

Le rappel du droit et des institutions

Le ministère rappelle que, selon l’article 90 du Code pénal, aucune poursuite ne peut être engagée contre un membre du gouvernement sans autorisation du Chef de l’État.
En recommandant la mise en mouvement de l’action publique contre une ministre en exercice, l’ULCC aurait, selon le Cabinet, outrepassé ses prérogatives.

« La lutte contre la corruption ne peut se faire au prix de la légalité », déclare un conseiller du ministère, appelant à « préserver la séparation des pouvoirs » dans un contexte politique déjà fragile.
Pour le MJSAC, cette dérive jette un doute sur l’impartialité de l’ULCC et menace la stabilité des institutions publiques.

Un climat d’incertitude pour le monde sportif

Cette controverse intervient à un moment charnière pour le sport haïtien.
Le MJSAC, engagé dans plusieurs chantiers — réhabilitation d’infrastructures, soutien aux fédérations, préparation des athlètes pour les compétitions régionales —, craint que cette polémique n’affecte le moral des équipes et la continuité des programmes.
« Les sportifs haïtiens ont besoin de sérénité et de stabilité », confie un dirigeant fédéral.
« Chaque fois que la politique s’invite dans la gestion du sport, c’est la jeunesse qui en paie le prix. »

Entre lutte nécessaire et excès de zèle

S’il reconnaît la nécessité de combattre la corruption, le ministère plaide pour une approche équilibrée, fondée sur le respect du droit.
« La transparence ne peut pas devenir un prétexte à la stigmatisation », peut-on lire dans la conclusion du communiqué.
Le MJSAC en appelle à une coopération institutionnelle sincère, rappelant que « le redressement du pays passe par la confiance et non par la suspicion ».

Dans un pays où les institutions peinent à se reconstruire, cette affaire illustre un paradoxe haïtien :
celui d’une République avide de justice, mais parfois tentée par le tribunal médiatique.
Et si la corruption demeure un mal profond, le défi reste le même : la combattre sans abîmer l’État.

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